Pourquoi je n’ai pas manifesté le 6 novembre

et pourquoi je le regrette aussi…

 

6 novembre 2014 : jour de manifestation nationale en Belgique. Impossible pour chaque personne y vivant de l’ignorer.

Selon les chiffres entendus jusqu’ici, environs 100.000 manifestants sont, selon l’expression, montés à la capitale pour défiler à l’appel des syndicats. D’autres ont simplement choisis de rester chez eux plutôt que de se rendre au travil. D’autres encore refusent de participer à ce mouvement.

Je fais partie de ceux qui ont décidé de ne pas défiler sous les couleurs d’un syndicat pour m’opposer à l’action (ou aux prévisions d’actions) du nouveau gouvernement.

Pourtant, les annonces concernant ces futures actions gouvernementales m’inquiètent aussi. Sur de nombreux points. Malgré cela, je refuse que mon image, si petite et individuelle soit-elle, soit utilisée et détournée par les syndicats.

Car syndicats, sachez que si j’ai des craintes pour l’avenir avec ce gouvernement, j’ai de nombreux griefs sur vous depuis que je travaille !
Permettez-moi donc, syndicats, de vous appeler simplement « Syndicat » et de vous parler comme à un camarade…

Tu te souviens, Syndicat, quand je suis venu m’inscrire chez toi ? J’avais 18 ans, je sortais à peine du secondaire. Je me suis retrouvé plongé sans accompagnement dans les méandres de ton administration. Difficile pour moi de comprendre à l’époque ce que tu attendais vraiment de moi. Je sortais d’années d’école rendues difficiles par de nombreuses grèves. J’avais une image de toi différente. Une image forte, celle de mon grand-père pendant les grèves de ’60, celle de « Germinal » (le livre hein, pas le film avec Renaud !). Une image fausse, tu n’es qu’une grosse administration, sans aucune humanité, nous ne sommes là que pour compléter des fiches et payer des primes.
Bon, à l’époque, tu m’étais utile. Tu m’envoyais même un petit journal sympathique, avec quelques informations pratiques. Bizarrement, aujourd’hui encore je reçois ce journal… qui n’a plus rien avoir avec le secteur où je travaille désormais. Tu ne sembles pas avoir suivi mon parcours professionnel !

A 21 ans, j’ai commencé ma carrière active. Tu m’as clairement dit, Syndicat, que vu la petite structure dans laquelle je me trouvais, tu ne pourrais pas grand-chose pour moi. Heureusement, j’y étais bien. Et toi aussi, puisque je payais mes primes.

La vie a guidé mes pas dans un autre pays. Nous nous sommes donc quitté. Quelques années. Quand je suis revenu en Belgique, je n’avais pas d’emploi. Il ne m’a fallu que 3 semaines pour en trouver un et, entre temps, nous nous sommes retrouvé.
Tu te souviens de ce que tu m’avais demandé à l’époque ? Tous ces papiers que tu m’as à nouveau réclamés. Un venant du pays où je vivais dont tu m’as dit qu’il serait considéré comme faux puisque émis par l’Italie (Bonjour l’Europe !).
Un autre de mon ancien employeur belge que j’avais quitté 5 ans plus tôt. Un papier que j’ai pu obtenir après maintes difficultés que je t’ai remis en te demandant si tout était en ordre… et pour lequel tu m’as écrit, une semaine après, en me disant qu’il manquait une signature ! Quand je t’ai demandé ce que je devais faire : tu m’as dit de passer dans tes bureaux pour le signer. Je t’ai expliqué que je travaillais sur Bruxelles et que je ne savais pas venir en semaine durant tes heures de bureau, tu as pourtant refusé de me renvoyer le papier. Étrangement, quelques mois après, j’ai reçu mes 3 semaines de chômage, jusque-là bloqués par ce papier non signé et que je n’ai jamais signé. Tu n’as jamais su ou voulu m’expliquer pourquoi la situation avait « miraculeusement changé ».

Tu te souviens quand j’ai commencé à travailler pour l’un des plus gros employeurs de Belgique ? Je pensais vraiment que tu viendrais me voir, me parler, m’expliquer qui tu étais, à quoi tu servais, que tu m’aurais présenté ton représentant (Plus tard, je t’ai même demandé qui était ce représentant, je ne l’ai jamais su car visiblement tu as du mal à communiquer avec tes voisins du Nord !). Mais non rien de tout ça. Aucun signe de toi.
Pas plus lors d’une grève nationale. Pas plus lorsqu’une collègue fut évincée parce qu’elle avait un cancer. Pas plus lorsque l’employeur voulu modifier nos statuts. Mais bon, tu étais content. Tu recevais mes primes.

Et ce jour où je suis venu frapper à ta porte, Syndicat, tu t’en souviens ? J’étais tombé gravement malade. Mon employeur refusait de compléter les documents pour la mutuelle, du coup je ne touchais plus ni salaire, ni indemnité. J’étais perdu, sans rien. Au bout du rouleau. Tu te souviens de ce que tu m’as répondu à ce grand moment de désespoir où j’avais finalement besoin de ton aide ?
Si tu as oublié Syndicat, je te le rappelle : « Monsieur, vous n’avez pas payé votre dernière prime : vous devez d’abord la payer avant de pouvoir parler à un de nos juristes » !!!
Comment as-tu osé ? Comment as-tu pu oublier les années de primes versées, comment toi, qui devrait défendre les plus faibles, qui parle toujours de solidarité as-tu pu me recevoir ainsi ? N’as-tu pas honte ?

Alors arrivé là, tu comprendras Syndicat que notre relation en est à un très mauvais point. Pourtant, je suis revenu vers toi, dernièrement.
Du coup, pour cette manifestation nationale, j’aurai espéré un petit mot de toi. Savoir exactement ce que tu voulais, ou non. Ce que tu attendais. Ce que tu demandais au gouvernement. Oui, un mot personnel, avec « Cher Camarade » et finissant par « en espérant te voir » mais encore une fois, tu m’as terriblement déçu !

Pourtant, je pense que cette manifestation nationale aurait pu être une bonne chose. Une bonne chose si tu ne t’opposais pas aux patrons.
Sais-tu, Syndicat, que ces patrons, qui sont aussi à la base d’une grande part des emplois, vont également souffrir de certaines mesures du gouvernement comme celle, par exemple, menant à 2 mois de salaire garanti en cas de maladie ? Ils auraient eu leur place à tes côtés. Comme les indépendants, comme les chercheurs et tant d’autres. Quel regret de ne pas s’être retrouvé tous ensemble ce dimanche à défiler ! (Ben oui, une manifestation un dimanche gagnerait encore en crédibilité) à défiler !

En plus, pendant que je t’écris ces mots, je vois les photos de voitures retournées, d’une moto de police brulée, de barricades et d’autres dégâts dont certains manifestants sont responsables.

Alors Syndicat saches que pour ceci, comme pour un ministre aux attitudes et réflexions fascistes, pour moi, il n’y a qu’un seul message : Not in my name !

Voilà pourquoi je n’ai pas défilé ce 6 novembre, Camarade: la solidarité et le respect ne sont pas que des slogans.

Publicités

Constant le Marin, un vrai géant!

Comme en 2013, avec Grétry, les festivités du 15 août seront l’occasion de découvrir un nouveau géant qui accompagnera nos binamé Tchantchès: Constant le Marin.

Un fils d’Outremeuse

Comme son prédécesseur, Constant le Marin est un vrai fils d’Outremeuse. Né au sein d’une famille de onze enfants dans la rue Porte-aux-Oies (au 28?), le 4 août 1884, il s’appelle en réalité Henri Herd. Très vite, il se passionne pour les exploits d’un lutteur namurois, Constant Lavaux dit « Constant le Boucher ». Son rêve est désormais de devenir un lutteur célèbre par delà les mers et voyageant le monde.
Il ne sera pas déçu… mais quel parcours!

Le café tenu par les parents de "Constant le Marin" en Outremeuse

Le café tenu par les parents de « Constant le Marin » en Outremeuse

 

Constant le lutteur

Vers 1903, il débute les compétitions sportives. En 1905, lors de l’Exposition universelle de Liège, il dispute son premier combat professionnel. C’est à cette occasion qu’il prend le surnom de « Constant le Marin ». Rapidement, il monte les échelons de la lutte pour remporter en 1910 à Buenos Aires, au terme d’un combat de 4 heures, la ceinture d’or de champion du monde face au premier champion du monde professionnel, le français Paul Pons, « Le Colosse ». Il en décrochera une deuxième en 1913, tout en se produisant dans des combats rémunérés en Europe comme en Amérique du Nord et du Sud.

Le champion et sa ceinture d'or

Le champion et sa ceinture d’or

Constant le Héro

Lorsque l’Allemagne envahit la Belgique, Henri Herd s’engage comme volontaire au sein du corps belge des ACM (autos-canons-mitrailleuses). Ce corps, formé en France est composé de 300 volontaires, dont les liégeois Julien Lahaut (futur leader du parti communiste belge) et Marcel Thiry (poète et écrivain). Envoyé sur le front russe, la stature et la pugnacité du Maréchal des logis Herd faisaient l’admiration de tous. Il aurait même appris aux Russes à monter à l’assaut en criant « On va leur couper la tête! »
Frappé de trois balles, Henri Herd saute de son véhicule détruit par les tirs ennemis. Il se jette dans un trou d’obus d’où, malgré d’horribles blessures, il se traîne vers ses lignes. Lorsqu’on le trouve, il faut cinq hommes pour le haler vers l’arrière. Il sera sauvé grâce, notamment, à un de ses neveux, engagé sur le même champ de bataille.
Suite à la révolution russe, les volontaires belges regagnent l’Europe lors d’un long périple via Vladivostok, le Pacifique, les États-Unis et l’Atlantique. A son retour, en Belgique, il sera invalide de guerre. Il a reçu neuf citations et a été décoré à cinq reprises dont les Croix de St-Georges, les plus hautes distinctions militaires octroyées par le tsar Nicolas II.

En 1918 avec son autoblindée

En 1918 avec son autoblindée

Constant le Marin, le retour

Malgré ses blessures, il parviendra à reprendre la lutte et décrocher les titres mondiaux en 1921 et 1924.
Lorsque la Second Guerre Mondiale éclate, Constant veut à nouveau s’engager mais il a près de 57 ans et l’armée ne veut plus de lui. Il se rendra en France pour aider à l’organisation des réfugiés belges et s’embarquera de justesse sur le dernier bateau en partance pour l’Amérique d’où il ne reviendra qu’en 1946.
Son retour se fera en Outremeuse où il reprend le café tenu par ses parents, qu’il renomme « le Café des Lutteurs » (qui est, je crois, l’actuel « Temple », à confirmer), et ouvre, au sous-sol, une salle de sport où il initie des jeunes à la lutte gréco-romaine et au catch.
Il décède à Liège le 4 novembre 1965 à l’âge de 81 ans.

Plaque commémorative apposée le 14 août 1988, rue Puits-en-Sock à hauteur de la rue Warroquiers

Plaque commémorative apposée le 14 août 1988, rue Puits-en-Sock à hauteur de la rue Warroquiers

Constant le Marin, pour toujours

Celui qui a fait rêver des générations de liégeois aura réalisé ses rêves d’être connu, reconnu et de voyager par delà les mers.
Cent ans après le début de la Grande Guerre dont il fut un héro, Constant le Marin, exhibera désormais ses muscles et sa ceinture d’or au côté de Tchantchès et des géants de la P0rovince de Liége.
IMG_8954

Pour en savoir plus:

15 août en Outremeuse: Les puces 2014

Depuis ce week-end, les festivités du 15 août 2014 en Outremeuse sont lancées. Comme chaque année, c’est le marché aux puces de la rue Jean d’Outremeuse et de la Place Delcour qui ouvre les festivités aux rythmes de la fanfare et sous les odeurs des pains saucisses!

Pour avoir un œil différent cette année, j’ai participé plus activement à cette brocante avec un stand.

2014-08-10 09.00.47

Avoir un stand au 15 août relève déjà en soit d’un petit défis. L’année dernière, nous n’y étions pas parvenu. Cette année, nous avons pu vendre notre bric-à-brac comme espéré.

Officiellement le marché aux puces à lieu de 9 à 18h. En pratique, c’est tout autre chose. Vous devez d’abord savoir que les emplacements doivent être occupés pour 8h par les personnes qui les ont réservés (et payés). Si tel n’est pas le cas, l’emplacement libre sera attribué à quelqu’un d’autre. Comme le marché à lieu sur 2 jours, la chose n’est pas rare, en particuliers le dimanche. Selon le temps, la fatigue où simplement les ventes du samedi.
L’interdiction de stationnement débutant à 6h, les premières échoppes s’installent aussi tôt… avec les premiers acheteurs qui se faufilent entre les caisses alors que la circulation routière est toujours ouvertes! Du coup, ce samedi vers 6h30, la situation était particulièrement dangereuse: quelques stands, des chineurs déambulant au milieu de la route mais aussi des voitures et bus toujours en circulation normale! Il aura fallu attendre presque 8h pour que la circulation soit enfin limitée aux exposants!

L’autre couac matinal provient des véhicules en stationnement. Comme écrit juste avant, l’interdiction débutait à 6h. Pourtant à 9h15, certaines voitures étaient encore présentes. Malchance à ceux qui avaient une voiture sur leur emplacement réservé et payé: impossiblement de s’installer, il faut attendre la police et les dépanneuses. A 7h15, on promettait un enlèvement dans le quart d’heure, alors que 2h plus tard, certaines auto bloquaient toujours des places. Tant pis pour les ventes et le manque à gagner…
Les panneaux d’interdiction de stationnement avaient été placés en nombre dans un délai normal mais plusieurs automobilistes ont fait fi, volontairement ou non, de ces instructions. Certains interpelèrent même les agents de police en trouvant honteux que leur véhicule ait été enlevé. Alors que du côté des exposants, nombreux se plaignaient de la trop grande gentillesse des forces l’ordre qui ont attendu et ont tenté de contacter les propriétaires des voitures incriminées pour qu’ils les déplacent.

Pour contre, il m’est difficile de comprendre pour cette interdiction qui s’appliquent (au moins) dans les rues Jean d’Outremeuse et Puits-en-Sock du 9 au 17 août sans interruption! Ville de Liège, peux-tu m’expliquer s’il te plait?

2014-08-11 14.59.53

En tant qu’exposant, le samedi fut plutôt chouette; le temps était de la partie contrairement aux annonces et les clients présents. Le dimanche fut différent. Entre les « alertes orages », la Batte et un match de foot au Standard, il y avait beaucoup moins de monde. A plusieurs reprises la pluie est venue gâcher la fête. Si bien que de nombreux stands sont partis vers 15-16h. Au final, une chance d’ailleurs car vers 18h15, il n’y avait plus beaucoup de personnes quand une forte bourrasque de vent retourna d’un coup 3 tonnelles. Avec plus de monde présent, il y aurait certainement eu l’un ou l’autre blessé à regretter.

Bref, au final, un week-end particulièrement fatiguant, avec d’intéressantes rencontres et quelques bonnes bières partagées. Vive le 15 août, vive Outremeuse, Vive Liège et Vive Tchantchès!

Ce qui est drôle, c’est les commentaires qui vont avec!

Ce qui est drôle, c’est les commentaires qui vont avec!

Donc une de mes photos postées sur Twitter est passée dans le journal La Meuse.

C’est un peu par hasard ce vendredi que j’ai remarqué que La Meuse avait publié sur son fil Facebook un article reprenant une photo que j’avais posté la veille sur Twitter. Comme je me trouvais dans une taverne proposant la lecture de journaux, j’ai poussé le nez dans la version papier où la photo se trouvait aussi, dans un petit coin en bas de page.

Revenons d’abord sur les circonstances de cette photo.

Je rentrais chez moi en passant par la rue Puits-en-Sock (dans le sens Passerelle => Amercoeur) quand j’ai aperçu un véhicule de police arrêté presque à hauteur de la rue des Récollets. Vu que plusieurs véhicules se trouvaient en stationnement sur la zone de livraison et visiblement pas pour des livraisons, ils étaient possible qu’il soit là pour les sanctionner.
Après un court instant, j’ai remarqué deux agents de police, en tenue, rejoindre calmement la camionnette en question. Ils portaient chacun un sachet blanc. Visiblement, il revenait d’avoir été faire un achat. J’ai effectivement supposé qu’il s’agissait de nourriture provenant de l’un des restaurants asiatiques tout proche.
J’ai donc pris, à 19h51, la photo. A ce moment là, les policiers remontaient dans le véhicule. J’aurais aimé les prendre sachet à la main mais je n’ai pas su en raison du trafic. On voit seulement la portière du conducteur se refermer.
Environs 1h plus tard, j’ai donc posté mon tweet (non sans avoir légèrement modifié le cadrage de la photo).
Pourquoi ce délai? Ben franchement, en rentrant chez moi, il ne s’agissait pas de ma première urgence!

Résultat du tweet? Rien. Pas un commentaire, ni favori, ni retweet. Les fans de Twitter apprécieront!
Mais le lendemain: l’article!

Je vous vois déjà venir avec vos gros sabots (si, si): vous voulez savoir combien m’a rapporté cette merveilleuse photo de paparazzi en herbe et où je passe mes prochaines vacances… Ben rien! Que dalle, zéro, nada. Même pas un petit mot. Ni pour me prévenir de l’utilisation de la photo en question, ni pour m’en demander une autorisation.
Là, je me pose quand même des questions sur le journaliste (l’article n’étant pas signé, je ne sais même pas qui en est à l’origine).
Lorsque je regarde « The Voice » ou « La Tribune » et que j’envoie un tweet, je sais que celui-ci peut se retrouver diffusé sur l’écran à partir du moment où j’utilise le hashtag de l’émission (pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un « hashtag » sur Twitter, lire ici). Ici, je pouvais me douter de la diffusion de mon tweet à l’échelle des twittos liégeois, vu que j’ai utilisé « #Liège » mais pas de sa diffusion dans la presse!
Est-ce vraiment bizarre que de penser que le journaliste aurait pu me m’écrire juste « bonjour, je peux utiliser votre photo et votre tweet« ? Ce à quoi j’aurai répondu oui. Juste une question de principe.

Car suite à cette publication, les commentaires pleuvent! 92 réactions sur l’article, 33 sur la page Facebook « La Meuse Liège », 51 sur celle « La Meuse », on en est déjà à 176, sans compter les autres pages (?) et les au moins 169 partages!
Des commentaires pas toujours sympathiques, comme vous le lirez ci-dessous. Il faut donc ou ne pas les lires ou avoir une bonne dose de second degré, ce qui, heureusement, est mon cas.

Dans ces commentaires, il y a ceux qui vont au plus simple et direct: « tous pourris! » « bande de c… » etc…
En envoyant ce tweet, mon idée n’était pas dénoncer toute la Police mais plutôt un comportement qui se répète souvent dans la rue Puits-en-Sock (et ailleurs) et qui pose questions.
On attend effectivement de la Police qu’elle donne l’exemple. Ici, on en est loin. Ceux qui connaissent cette rue savent que les trottoirs sont étroits, le véhicule ainsi stationné, gêne clairement le passage des piétons (surtout les PMR ou les poussettes/landaus) et les mets en danger! La rue aussi est étroite, quelques jours plus tôt, un camion ainsi arrêté sur le trottoir, a bloqué un bus et d’un même coup, la circulation dans les rues Puits-en-Sock et Jean d’Outremeuse, si bien que… la Police (!) a dû intervenir.
Un problème qui aurait pu être évité si les emplacements livraisons avaient été libres. On en vient à la deuxième question: pourquoi les emplacements « livraisons » ne sont jamais respectés (égoïsme, bonjour!) et les contrevenants si peu sanctionnés? Ici aussi, plusieurs véhicules devant la camionnette aurait pu recevoir un petit papillon!
La question suivante porte plus sur l’autorisation de stationnement. Bien sûr que les policiers ont le droit de manger mais pour cela doivent-ils/peuvent-ils stationner n’importe où? Pour certains c’est oui, car ils doivent pouvoir partir en intervention à n’importe quel moment pour sauver des vies… Ok mais alors pourquoi les infirmières et médecins eux reçoivent un PV? Ne sauvent-ils pas aussi des vies? Le simple « oubli » d’un ticket de parking leur est même sanctionné!
CommentaireNous nous trouvons à moins de 200m à pied du commissariat d’Outremeuse et de ses emplacements réservés à la Police, ne serait-il pas mieux que les policiers souhaitant prendre un petit casse-croute s’arrêtent là plutôt que de créer une gêne et une situation de malaise par le mauvais exemple? Ou alors, puisqu’il est fréquent de les voir là, ne pourrait-on pas créer un emplacement « Police » qui leur soit réservé?

Revenons aux commentaires… Clairement, il y a ceux qui commentent sans avoir lu l’article:
CommentaireCertains mettent en doute mes propos et je ne peux leur en vouloir. Au contraire, je leur souhaite le même esprit critique en toutes occasions! Si le journaliste m’avait contacté pour expliquer les circonstances de cette photo, cela aurait pu lever quelques doutes.
CommentaireIl y a ceux qui, puisqu’il s’agit de la Police, estiment qu’ils peuvent tout faire: en ’40, j’imagine facilement la réaction qu’ils auraient eue!
CommentaireEnfin, il y a ceux qui jugent sans savoir… souvent d’ailleurs parce qu’ils estiment que le photographe, moi, a jugé sans savoir! Amusant, non?
Ainsi on me demande si j’aurais fait pareil si cela avait été des drogués ou autres… Ben oui, je vous invite à lire mes (actuellement) plus de 16.000 tweets, vous en trouverez. Malheureusement (ou pas), La Meuse n’a jamais trouvé utile de les publier!
CommentaireUn parle du combi sans surveillance… Ben c’était le cas, vu que les policiers l’avaient quitté, enfin si on peut estimer que la rue Puits-en-Sock soit déserte en semaine peu avant 20h par beau temps!
CommentaireOn m’a aussi associé à Sharia4Belgium (le rapport?) et me demande de donner mon nom et mon prénom. Prénom qui se trouve dans l’article et en deux clics les informations sont trouvées via Google mais encore faut-il taper juste (difficile à croire à lire le commentaire)! Et comme préciser ci-avant, personne ne s’est inquiété de me les demander.
CommentaireOn me demandait aussi si je n’avais que ça à faire. Il faut dire qu’envoyer un tweet avec photo modifiée me coute certainement 1min30 de ma journée et vu que je suis en congé, j’ai même le temps de vous écrire un article sur ça! Par contre, commenter les articles sur La Meuse, semble donc être une activité hautement plus utile à la société!
J’avouerai que je n’ai pas compris tous les commentaires:
CommentaireHeureusement tous ne sont pas ainsi!
Commentaire

Encore une fois, on voit ici les risques du net, une photo postée, relayée, un phénomène amplifié… Heureusement: « Ce qui est drôle, c’est les commentaires qui vont avec!« 

 

NB: Vous noterez que personnellement j’ai opté pour l’anonymat des personnes ayant déposés un commentaire alors que mon blog à une portée réellement moindre que le journal La Meuse! (On verra aussi si quelques commentaires viennent égayer ce blog!)

 Pour en savoir plus:
Mon fil Twitter
L’article de La Meuse

Viva For Life: Bien sûr, ça serait mieux sans!

De nouvelles activités professionnelles m’ont tenu éloigné de ce blog mais le choix de la RTBF de rendre Liège centre des regards et des écoutes en Belgique francophone pour l’opération Viva For Life ne pouvait que m’y faire revenir.

C’est en particulier une « contribution externe » sur LaLibre.be par Irène Kaufer qui me fait reprendre non pas la plume mais le clavier.

Posons d’abord le décor: d’un côté Viva For Life, un concept multimédia au profit d’une cause humanitaire, à savoir récolter des fonds au profit des 40.000 bébés de 0 à 3 ans exposés au risque de pauvreté et soutenu par la RTBF. De l’autre Irène Kaufer, bloggeuse quasi professionnelle, ancienne candidate Ecolo mais n’ayant « jamais adhéré au parti et [qui s’en est] quelque peu éloignée depuis« , se définissant comme « féministe, syndicaliste, résolument à gauche, [posant] son regard et sa langue acérés sur l’actualité, et de préférence les sujets orphelins » mais simplement présentée dans l’opinion comme « citoyenne« .

Madame Kaufer, j’ai bien lu votre billet d’humeur. Je l’ai même relu. Parfois, je suis un champion de la mauvaise fois mais j’avoue, là, je suis battu!

Votre opinion commence par « Voilà, c’est parti pour Viva For Life : parti pour six jours d’autopromotion ertébéenne, six jours de show médiatique« … Vous ne devez pas beaucoup connaitre la RTBF. Ni Liège d’ailleurs. Car ceux qui suivent un peu l’un des métiers de la RTBF (télévision, radio ou internet) ou qui passent par Liège, ont entendu parler de Viva For Life et de la cause défendue depuis plusieurs semaines!

Non, Madame Kaufer, il n’y a pas de bébés pauvres sans parents pauvres. Parents ou parent et quelque soit leur sexe d’ailleurs. Sachez cependant, Madame Kaufer, qu’un bébé à des besoins, que ces besoins représentent un coût et que pour des parents pauvres, ne pas pouvoir satisfaire les besoins de leur/s enfant/s représente une souffrance qui s’ajoute à toutes les difficultés de la pauvreté.

Non, Madame Kaufer, la générosité publique n’est pas la seule à pouvoir soulager les victimes et oui, le combat contre la pauvreté est un devoir des autorités publiques. Cependant, lorsque l’autorité publique ne répond pas à son devoir, n’est-il pas du notre d’intervenir ? N’est-il pas du devoir des citoyens de mettre le doigt sur ce qui ne va pas et d’agir ? Viva For Life est un moyen, il ne se présente pas comme une solution.

Des associations collaborent de force ? Je serais bien curieux d’en connaitre un peu plus sur le sujet. Voici une accusation qui mérite certainement que nous, citoyens, tout comme vous, sachions qui sont ces associations forcées de collaborer, par quel/s moyen/s et pour quel/s motif/s.

Comment, Madame Kaufer, une femme pleine de convictions comme vous, une femme qui partage publiquement son opinion, une femme qui s’est présentée à des élections, peut-elle dire que « les bons sentiments ne peuvent rien contre de mauvaises politiques » ? Les bons sentiments, les bonnes volontés, surtout lorsqu’elles se regroupent sous une même bannière peuvent changer les politiques ! Y renoncer, c’est renoncer à être citoyen.

Vous demandez, Madame Kaufer, qu’un média de service public informe, explique, commente. Je doute de plus en plus que vous ayez déjà regardé une chaine, écouté une radio, ou parcouru un site ertébéen ces dernières semaines. Dans différentes émissions, la RTBF montre des reportages, parle des raisons, des motifs, du quotidien de ces victimes d’un système qui, je vous l’accorde, pose un grand problème de société.

Vous arrivez, Madame Kaufer, dans un même jet, à remettre en cause toutes les bonnes volontés à différents niveaux (et que ce soit celle de Viva For Life ou de l’opération « hiver 2012« ) et à les mettre en opposition avec « ces syndicalistes pourtant bien sages« . Donc d’un côté nous aurions les braves syndicalistes, qui ont toujours raison et de l’autre, la vilaine RTBF qui monte une opération pour des enfants en cette période de fêtes.
A l’occasion, Madame Kaufer, je vous parlerai de ce jeune homme, qui, ne recevant plus son salaire par son employeur s’est présenté à son brave syndicat et où on lui a répondu que, vu que sa prime n’avait pas été payée le mois précédent (forcément, il n’était lui-même plus payé depuis plusieurs mois…), il ne pouvait pas rencontrer de conseiller !

Madame Kaufer, j’ai bien lu votre billet d’humeur. Je l’ai même relu. Ne jetons pas, je vous en prie, le bébé avec l’eau du bain (et c’est le cas de le dire !).

Qu’ont demandé ses enfants ? Quelle est leur responsabilité ? Pour moi, ils n’en ont aucune ! Si quelques zouaves, comme vous les appelés, peuvent aider des enfants à avoir un peu de bonheur en cette fin d’année, si le bonheur de ces enfants soulage un peu le pénible quotidien de leurs proches, si ces zouaves permettent par leur show à ce que des citoyens, comme vous, comme moi, parlent à d’autres, à ce qu’ils expliquent les problèmes de la pauvreté et leurs motifs et si tout ceci, au final, arrivait peut-être à faire changer des mentalités et des politiques alors sachez, Madame Kaufer, que je serais heureux d’avoir contribué directement par un don et indirectement par mes impôts qui financent la RTBF, à Viva For Life.

Bien sûr, dans un monde idéal (tiens, ça me fait penser à une émission de la RTBF), les politiques misent en place rendraient tout le monde heureux. Ce n’est pas le cas. Nous pouvons tenter de tendre vers cet idéal mais d’ici là, et même si c’est dommage que cela passe par un cirque médiatique : merci à la RTBF pour Viva For Life et Cap48, merci à RTL-TVI pour le Télévie, merci à France Télévision pour le Téléthon (tiens donc, un concept « acheté » lui aussi) et merci aux très nombreuses associations qui aident et qui, j’en rêve, un jour, ne seront plus utiles.

Alors oui, Viva For Life, ça serait mieux sans mais c’est un premier pas!

 
Pour en savoir plus:
– Sur Irène Kaufer: site internet, blog, participation à Politique ou à Etopia, mais il en existe encore d’autres.
– Sur Viva For Life
– Sur Cap48, le Télévie ou le Téléthon en Belgique
Music For Life, version flamande de Viva For Life par Studio Brussel

Le Carré: un avenir meilleur est possible!

Depuis mon dernier article sur le Carré, la situation sur le célèbre quartier liégeois à continuer à animer les débats, en particulier lors du conseil communal du lundi 9 septembre.

Le soir même, L’Avenir publiait cet article où Monsieur le bourgmestre Willy Demeyer déclare à propos d’une heure de fermeture du Carré: « Ce n’est pas la solution préconisée« . Le lendemain, Today in Liege, publie « L’idée d’une heure de fermeture du Carré s’évapore » où Monsieur Demeyer déclare: « Je n’ai jamais dit que c’était la mesure que je préconisais, mais certaines personnes dont c’est le métier ont dit que c’était une solution envisageable« . Marche arrière toute sur cette mesure!

La bonne chose, c’est qu’un dialogue s’est engagé entre les différentes parties. La page Facebook « Non à un couvre-feu dans le Carré Liégeois » et le compte Twitter de Madame Anne Delvaux, conseillère communale cdH, confirme qu’une rencontre sur le terrain à eu lieu avec une discutions constructive.

CaptureNonRencontreCaptureTwitAD

Des discutions également entre les cafetiers et le bourgmestre lors d’une réunion le mardi 17 septembre. Constructives ici aussi (vous pouvez lire l’article de LaMeuse ou celui de L’Avenir… qui sont identiques!).

Si chacun s’accorde désormais à reconnaitre les limites d’une heure de fermeture du Carré, il n’en reste pas moins que les problématiques sont présentes et des solutions doivent être trouvées.

De mon côté, j’ai assisté à un Afterwork organisé par le MR-Liège « Un avenir radieux pour le Carré?« . Durant 2h, différents intervenants ont exposés sur trois axes principaux: la sécurité (publique et privée), le commercial et la santé. [Vous pouvez lire mon compte rendu ici]
Si la police commence à se sentir au bout de ses possibilités malgré des plans d’actions précis (modification des patrouilles selon les heures et jours, plan respect 16 tourné vers les jeunes, etc), son représentant estime que la prévention devrait être une priorité (y compris, pourquoi pas, dans les écoles). Prévention soutenue par les services de sécurité privé pour lesquels les patrons de café investissent des sommes importantes malgré les limites d’intervention posées par la loi.
Comme le rappela l’UCM –Union des Classes Moyennes-, la Carré est une zone économiquement importante et porteuse d’emploi, dans laquelle il ne faut pas oublier les commerces non-HORECA. L’UCM qui s’inquiète de la responsabilité pensant presque uniquement sur les cafetiers pour la vente de boissons alcoolisés au moins de 16 ans et du manque d’un véritable contrôle du côté des « Night » ou « DVD shop » (les « pakis »). Leur présence ne présente pas un véritable problème aux cafetiers, plutôt satisfait d’avoir des dépanneurs en cigarettes et chips à proximité. C’est la concurrence déloyale par la vente d’alcools à prix très réduit qui pose un véritable soucis car ils sont consommés en rue et rapidement. Il s’agit souvent d’alcool plus fort et en bouteille… ces fameuses bouteilles « qui volent ». L’occasion de pointer aussi le problème de la propreté et le manque de poubelles dans le Carré.
Des alcools qui, avons-nous appris, modifient fortement les comportements en s’attaquant au système nerveux à tel point que 10% (!) des décès chez les 18-25 ans y trouve directement ou non leur origine! Les effets de l’alcool étant particulièrement aggravés chez les 13-15 ans, le docteur Devos (1) est défenseur d’une tolérance zéro pour l’alcool chez plus jeunes. Pour lui aussi, la prévention, par l’éducation et l’information des jeunes mais aussi des familles, est une des solutions. Ainsi que la réduction des points de vente à bas prix. Le Carré n’est que la pointe visible de l’iceberg car les jeunes (et moins jeunes) consomment de l’alcool aussi dans les kots, les appartements et tant d’autres lieux!
Un projet mêlant prévention et réduction des risques, c’est le label « Quality Night » qui commence à s’implanter dans le Carré (ainsi qu’au Cadran). Comment souvent, c’est les difficultés de financement qui font que cette intéressante initiative n’est pas présente partout dans le Carré.
Beaucoup ont regretté un sentiment d’impunité. Certains auteurs de troubles sont mineurs, les procédures sont différentes des majeurs et les réactions judiciaires ne sont pas toujours assez fermes. La police, au vu de ses effectifs, doit parfois faire le choix de ses priorités d’intervention et les agents de sécurité privé ont un rayon d’action trop limité.
Enfin, il était bon de rappeler que si des personnes passent la nuit dans le Carré c’est aussi parce « qu’elles n’ont pas le choix« ! Celui qui souhaite reprendre les transports en commun plutôt que le volant après avoir bu (choix judicieux!!) doit parfois attendre jusqu’à 6 heures du matin pour trouver un bus!

Quand on voit ses différentes réunions et discutions, on se rend compte que des solutions pour améliorer la situation existent mais que celles-ci dépendent de plusieurs niveaux de pouvoir.
Le Fédéral: Par une adaptation des lois régissant la sécurité privé (tout en se préservant de l’abus de milice privée!), par le contrôle via le SPF économie des « Night / DVD shop » (respect de la loi, problème de concurrence) mais aussi, et surtout, par des campagnes d’information contre l’alcoolisme et sur l’usage de l’alcool devant les plus jeunes. (2)
La Région: En soutenant clairement la mobilité, y compris nocturne ce qui profitera aux fêtards mais aussi aux travailleurs qui ont des horaires décalés!
La Communauté: Par un programme de prévention au sein des écoles.
La Province: Qui doit continuer à soutenir un projet comme « Quality Night »
La Ville: Par différents projets avec la police et les cafetiers mais aussi par des actions simples comme le placement de poubelles dans le Carré car, effectivement, un Carré plus propre sera plus conviviale!
Mais aussi à notre propre niveau: Par notre comportement, notre éducation et celle que l’on donne.

Un sujet d’ailleurs qui n’a pas encore été abordé et qui, selon moi, est aussi important, c’est la responsabilité que nous avons entre nous. Quand je sors avec des ami(e)s dans le Carré (et ailleurs), nous veillons les uns sur les autres par des gestes simples: la surveillance de nos vestes pour éviter les vols, raccompagner à sa voiture une amie et plus globalement éviter de laisser quelqu’un seul, ne pas laisser reprendre le volant celui qui a trop bu, etc… Pourquoi ne pas envisager ici aussi des campagnes de sensibilisations?

La réflexion sur le Carré n’est pas finie mais avec les bonnes volontés des différents acteurs, un avenir meilleur est possible!

 

Notes
(1) Le Docteur Philippe Devos est anesthésiste-réanimateur au CHC, ancien conseiller communal MR de Liège et ancien président de comité de baptême estudiantin.
(2) Concernant le Fédéral et un des points du label « Quality Night », je me demande quand l’un de nos gouvernements va se décider à légiférer sur un accès raisonnable dans l’HORECA à une boisson non alcoolisée. En France, par exemple, un verre d’eau du robinet est gratuit et ne peut pas vous être refusé. En Italie, pour 2 euro ou moins, vous n’aurez pas un verre d’eau mais un litre (ou parfois 90cl mais bon…). Chez nous, je pourrais vous citer de nombreux exemples où la boisson la moins chère est… un verre de bière!
Monsieur Gustin nous expliqua lors de l’afterwork que la mise à disposition d’eau gratuite représente un coût très faible, pourquoi ne pas l’envisager?
 
Pour en savoir plus:
La page Facebook Non à un « couvre feu » dans le Carré Liégeois
Le site du Label « Quality Night »
Le site « Vigilis » pour vous informer sur la sécurité privé ou en cas de problème avec celle-ci
Le site Aide-Alcool
La page avec le compte rendu complet de l’Afterwork du MR-Liège « Un avenir radieux pour le Carré? »

Afterwork du MR-Liège « Un avenir radieux pour le Carré? »

Ce jeudi 19 septembre, j’ai eu le plaisir d’assister à l’afterwork du MR-Liège « un avenir radieux pour le Carré ? » en leurs locaux de Vinave-d-île.

Pour la petite histoire, rien que la salle Jean Gol méritait le détour pour assister à cette réflexion ouverte à tous. D’une soixantaine de participants confirmés sur Facebook, j’en ai dénombré une cinquantaine présents, en dehors des intervenants et modérateurs. Beaucoup et peu à la fois (la faute au match du Standard de Liège?). Certes, plusieurs conseillers communaux et provinciaux ainsi que des sympathisants du MR étaient là mais aussi quelques autres personnes intéressées par la problématique. En particuliers, on notera la présence de conseiller communal Ecolo, Quentin le Bussy.

Annoncé à 18h30, l’afterwork débuta avec seulement 10 petites minutes de retard par un mot d’ouverture de Michel Péters, conseiller communal MR et modérateur, qui insista sur « l’esprit liégeois unique au monde » et présenta les différents intervenants.

Le premier à prendre la parole fut le représentant de la Police de Liège, Frédérique LAMBINON, inspecteur principal.

Il nous expliqua le fonctionnement des patrouilles dans le Carré et en particuliers les jeudis, vendredis et samedis de 22h à 7h où celle-ci sont renforcées et appuyées par un centre de gestion.
Les types d’intervention de la police représentent un panel complet allant du simple contrôle d’identité à des violences graves en passant par les faits de drogues et beaucoup trop d’autres. Le P.A.B. (Peloton Anti-Banditisme) fait d’ailleurs partie des unités intervenantes sur place.
Durant la journée, un plan d’action spécifique, « Respect 16 », est mené par des unités en civil dans le but de surveiller les plus jeunes qui brossent les cours et/ou consomment de l’alcool.
La police note que la gravité des faits augmente vers 2-3h et s’inquiète aussi du phénomène de « proie », des personnes sous influence d’alcool, qui se font plus facilement volées ou agressées (y compris sexuellement).
Avec un coût de 500.000 euro/an, les policiers estiment être arrivés au bout de leur possibilité : les contrôles administratifs par exemple, prennent beaucoup de temps et les inspecteurs effectuant ces démarches ne sont plus sur le terrain.
L’inspecteur principal reconnait que le seuil de tolérance au sein du Carré est plus élevé et adapté aux circonstances.
Pour le futur, la police continuera des formations adaptées pour les inspecteurs opérant dans le Carré. L’inspecteur Lambinon nous informa aussi que des modifications au niveau légal sont en cours d’études.

Toujours sur le thème de la sécurité est intervenu ensuite Antoine BINI, connu comme patron de la Cour Saint-Jean, il est détenteur d’une autorisation d’organiser un service interne de gardiennage.

De façon globale, Monsieur Bini a reconnu que les faits de violence sont en augmentation. Le recours à la violence est toujours plus rapide et avec plus de force qu’auparavant, raison pour laquelle de nombreux cafés du Carré ont désormais des « portiers ». Il note que ces phénomènes ne sont pas propres au Carré mais reposent sur un véritable problème d’éducation. La densité de population au m2 dans le quartier expliquant aussi l’augmentation des infractions en comparaison à d’autres lieux.
L’estimation du coût, dans le Carré, de la sécurité privée est de 858.000 euro/an hors coût du matériel de surveillance vidéo.
La loi sur la sécurité privée qui limite fortement l’action des agents de gardiennage qui, au final, peuvent moins intervenir que ne le pourrait un citoyen lambda pose pour lui un problème. La situation des terrasses pour l’intervention des « portiers », par exemple, manque de clarté (d’autant que la Ville mène actuellement une « chasse aux terrasses »).
Ce manque de possibilité d’action laisse, selon lui, un évident sentiment d’impunité d’autant que les poursuites au niveau judiciaire n’ont pas toujours lieu mais il se félicite de la collaboration avec la police (qui pourrait encore être améliorée).
Ses demandes portent avant tout sur la prévention.

Pour parler de l’aspect économique, Valérie SARETTO, secrétaire générale de l’UCM Province de Liège, prit la parole.

Son premier constat, Madame Saretto le fera en tant que maman, remarquant que la fête se fait de plus en plus tard et que la violence y est toujours plus présente.
Pour l’UCM, le secteur HORECA en général, et dans le Carré en particulier, est important, tant économiquement que pour l’emploi.
Elle regrette cependant la responsabilité qui pèse sur les commerçants de vérifier l’âge légal pour la consommation de boissons alcoolisées en s’interrogeant sur les réelles possibilités de contrôle au quotidien (un « grand » pouvant acheter un alcool qu’un « petit » consommera).
L’UCM souhaite que ne soit pas exclus de la réflexion les autres commerces présents dans le Carré.
Comme l’un des principaux problèmes semble provenir de « Night Shop » / « DVD Shop », elle regrette le manque de contrôle du SPF Économie envers ceux-ci, particulièrement concernant le jour de fermeture et les ventes/locations réelles de DVD qu’ils effectuent.
Sur ce point, elle pense que des règlements communaux pourraient aider en influençant les lieux d’ouverture de ce type de commerce, utile pour dépanner les gens mais n’ayant rien à faire dans un quartier avec si peu d’habitants.

Les deux représentants des cafetiers continuèrent la discutions avec la voix de Christophe LECRENIER, patron de l’Embuscade (et du Huggy’s bar).

En premier, il regrette que la mauvaise réputation du Carré fait que certaines personnes ne souhaitent plus y venir.
Comme Antoine Bini précédemment, il regrette l’impunité et les formules « pourquoi porter plainte, demain il est dehors ».
Il fait noter que la loi sur l’usage de la cigarette a changé la donne, plus de personnes se trouvant à l’extérieur des établissements. Les clients fumeurs et en terrasse sont mêlés avec ceux qui se rendent dans le Carré pour consommer un alcool peu cher provenant des « Night/DVD shop » ou avec de réelles intentions de nuire.
De son point de vue, il n’est pas contre la présence de « Night/DVD shop » pouvant fournir cigarettes ou chips pendant la nuit mais regrette la concurrence déloyale que ceux-ci représentent en ce qui concernant la vente d’alcool.
Il souhaiterait d’ailleurs que l’on applique strictement le cadre légale actuel (l’interdiction de consommer de l’alcool en rue).

Reprenant sa casquette de patron de café, Antoine BINI apporta encore un bref éclairage.

Il note que la propreté, le respect et la sécurité sont liés. A ce sujet des discutions, pas toujours faciles, ont eut lieu avec la Ville pour, par exemple, l’entretien des rues et le rejointoyage des pavés.
A propos d’un horaire de fermeture à 3h imposé aux cafés, il nous affirme que, si c’est le cas, dans les 2 mois, son commerce sera fermé.

Le premier intervenant « santé » est le Docteur Philippe DEVOS, anesthésiste-réanimateur au CHC.

Également ancien président de comité de baptême estudiantin, sa présentation sur les dangers de l’alcool sert désormais à informer les nouveaux présidents afin de diminuer les risques lié à l’abus d’alcool.
Le phénomène de « Binge drinking » ou « biture expresse », dont on parle beaucoup, est scientifiquement définie comme boire 5 verres d’alcool en 2h (4 pour les femmes, 1 verre de 25cl de bière, par exemple).
La dangerosité de l’alcool vient du fait qu’il touche tout le système nerveux et, en moyenne, 1,5g/l suffit à modifier fortement le comportement d’un individu (même si ce taux peut varier en fonction de l’inné et de l’acquis). L’alcool augmente les risques d’accident (chute, voiture,…), de comportements dangereux (défis, sexe non protégé,…) et peut devenir létal, pour certaine personne, dès 3,5g/l !
Si le délai entre l’ingestion et les effets monte parfois à 90 minutes, l’alcool est éliminé lentement par notre corps, au rythme d’environ 1 bière/heure, selon les individus.
Ces taux et durées lui font d’ailleurs dire que fermer les cafés à 3h ne changeraient rien, si la consommation d’alcool commence plus tôt, les problèmes se poseront plus tôt.
Des chiffres qui font peurs :
– 10% des décès pour les 18-25 est dus à l’alcool (directement ou indirectement) ;
– 5 à 10% des hommes (3 à 5 pour les femmes) souffrent d’alcoolisme chronique ;
– En Grande-Bretagne, l’alcoolisme chronique a augmenté de 200% chez les 18-24 et de 300% chez les… 65-75 ans !
– Le risque de devenir alcoolique est multiplié par 19 (1900%) si l’on consomme de l’alcool entre 13 et 15 ans, comparativement, il n’est que de 14% pour les 17-22.
Ces derniers chiffres font dire au Docteur Devos qu’il faut lutter contre la consommation d’alcool chez les moins de 16 ans.
Le Carré, nous explique-t-il, n’est que la pointe de l’iceberg concernant cette consommation, comparé à ce que l’on peut consommer chez soi, en kot, etc.
En regard des différents facteurs de risque, il insiste sur l’éducation de la famille (ne pas boire devant ses enfants, les conflits familiaux souvent source d’alcoolisme,…).
Selon les chiffres du CDC (Centers for Disease Control and Prevention, aux Etats-Unis), diminuer les points de vente d’alcool à bas prix baisse la consommation d’alcool.

Dernier intervenant, Monsieur Frédérique GUSTIN, Président et Coordinateur du Réseau liégeois d’aide et de soins en assuétudes.

Dans la lutte contre les assuétudes, il existe 4 piliers : la prévention, la réduction du risque, l’aide / le soin et la répression / police, les deux premiers étant les laissé pour compte en regard des deux autres. La prévention représente seulement 2% du budget de ces piliers.
Bien évidement la politique « du gros doigt » pour des adolescents est inutile, il faut développer d’autres pistes et innover.
Dans le cadre de la réduction du risque, le projet « Quality Night » a été créé. Grâce à des subsides provinciaux (via Madame Firquet, MR), des cafés du Carré (la Cour Saint-Jean, le Déluge et l’Orange Grivrée) ainsi que le Cadran (dont le Studio 22) sont associés à ce projet au départ créé pour les discothèques et festivals. Selon les budgets (ceux-ci manquant), d’autres établissements pourront recevoir ce label dont les différents axes sont :
– De l’eau gratuite (pour éviter la déshydratation due à l’alcool)
– Des préservatifs gratuits ou à prix modique
– Des bouchons d’oreilles gratuits ou à prix modique
– La mise à disposition de brochures d’information sur la santé
– Des alertes rapides diffusées lorsqu’on constate la circulation de produits psychotropes particulièrement dangereux
– La formation d’au moins 50% du personnel en matière de premiers secours, de gestion de conflits et d’information sur les produits psychoactif légaux ou non.

Sébastien BOVY, modérateur et conseiller communal MR, remercia les intervenants qui ont démontré par leurs explications combien la sécurité est un problème large duquel il ne faut pas exclure, tout en le différenciant, le sentiment d’insécurité. Il annonce que le MR va faire des propositions en étudiant plusieurs pistes (caméra, sécurité, prévention, tolérance 0 pour les -16 ans, subvention pour les établissements « Quality Night »,…)

La place fut laissée à quelques questions. La première de Monsieur Bovy à l’attention du représentant de la police pour savoir quel était pour eux le point le plus urgent. Ce à quoi l’inspecteur principal répondit que la prévention devait être une priorité, il confirma d’ailleurs à Monsieur Péters qu’une démarche dans les écoles, si elle était possible, serait une bonne chose.
Le conseiller communal MR Raphaël Miklatzki demanda s’il existait des chiffres précis sur l’âge des personnes causant des troubles dans le Carré puisque le suivit judiciaire d’une personne mineure ou majeure n’est pas le même. Malheureusement, l’inspecteur principal ne possédait pas ce genre de chiffre.
Suite à une expérience personnelle, la conseillère communal MR Diana Nikolic interrogea sur la possibilité de la création d’une zone de collaboration privilégiée entre les agents de sécurité privée et la police.
Dans le publique, on s’inquiéta de la façon dont était contrôlé les « Night / DVD shop ».
Revenant sur l’heure de fermeture des cafés à 3h, le publique interpella sur la méthode d’évacuation du Carré, expliquant également que « si certains rentrent à 6h du matin, c’est aussi parce qu’ils attendent le premier bus » et un autre participant d’expliquer que le prix d’un taxi pour rentrer chez lui, la nuit, est d’environ 50 euro.
Le docteur Devos rappela le rôle touristique du Carré (certains étudiants Erasmus choisissent Liège pour son Carré) et de comparer avec l’Irlande où l’interdiction totale de boire en rue est respectée au point tel de se voir refuser l’accès à certains établissements si l’on enfreint la règle.
L’une des dernières interventions/questions fut celle du conseiller communal Ecolo, Quentin le Bussy, qui, après avoir salué l’organisation du MR, reconnu l’importance de la problématique de mobilité durant la nuit. Il soutînt l’initiative du label « Quality Night ». Il souhaita également qu’on pense aux habitants du Carré et de ses alentours, principalement dans une vision d’avenir globale. Rappelant être lui-même commerçant, il s’inquiéta particulièrement du problème de distorsion de concurrence posé par les « Night / DVD shop » (taxes, accises, …).

Par une brève déclaration de Michel Péters, l’afterwork se clôtura vers 20h40 et nous fûmes conviés par les Jeunes MR à prendre le verre de l’amitié à la Cour Saint-Jean… dans le Carré !

Je vous invite à lire mon article sur le sujet « Carré: un avenir meilleur est possible! »