Grétry, fils d’Outremeuse et filleul de Tchantchès!

Après un week-end de marché aux puces, les fêtes du 15 août en Outremeuse continue ce lundi 12 août à 20 heures par un spectacle de marionnettes dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de la disparition du compositeur liégeois « Grétry, un Liégeois européen » au Théâtre du Musée Tchantchès.

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Cette année les festivités mettent en avant ce fils d’Outremeuse. Si sa famille provient du village de Bolland (actuelle commune de Herve), où son grand-père, violoncelliste jouait pour faire danser les clients de son auberge, André Ernest Modeste Gretry, né le 8 février 1741, a grandi dans un bâtiment situé au numéro 34 de la rue des Récollets (alors en Principauté de Liège). Même si le bâtiment n’est plus vraiment de l’époque, il abrite aujourd’hui un musée dédié à l’artiste.

Musée gretry par Laetitia L
Photo par Laetitia L

Second fils du premier violoniste de l’Eglise Saint-Martin, il baigne dès l’enfance dans la musique mais n’y accrochera pas directement. A neuf ans, il est enfant de chœur à la collégiale de l’église Saint-Denis mais son maître de chant, sévère, le terrorise. Il s’en plaindra d’ailleurs dans ses mémoire. C’est la découverte des chants et comédies italiennes, à Liège, qui lui donneront un « goût passionné pour la musique ».
Ayant abandonné le chant (suite à la mue), il avait prit des cours de clavecin et débuta la composition par un motet. Il compensait quelques lacunes par la force de son originalité et, grâce à une bourse d’étude de la fondation Lambert Darchis, Grétry partit pour Rome pour reprendre les bases de ses études musicales. En 1765, il composa un intermezzo, Le Vendemmiatrice, qui lança réellement sa carrière.
L’année suivante, il s’installe à Genève où il découvre les œuvres françaises, rencontre un certain Voltaire (qui deviendra son ami) et s’inspirant d’un des récits de celui-ci, sur un livret de Favart, compose Isabelle et Gertrude, son premier opéra-comique. Un succès. Agé de 26 ans, il débarque alors à Paris, et on dit de lui qu’ « il gardera toute sa vie l’accent de son pays de Liège, et quelques tournures de phrases qu’auraient bien sanctionnées les académiciens du temps« .
Après des débuts difficiles à Paris (son style ni vraiment à l’italienne, ni vraiment à la française ne trouve pas écho) et grâce à ses différents protecteurs, il rencontre le grand succès avec Le Huron. Ses œuvres sont de plus en plus jouées à Paris mais aussi à Fontainebleau et Versailles. En 1771, grâce à Zemir et Azor, il obtient une rente royale. La même année, il épousera Jeanne-Marie Grandon avec qui il eut 3 filles. Presque ruiné à la Révolution française, il retrouvera la gloire sous la protection de Napoléon, lui permettant de se retirer à l’Ermitage de Montmorency qu’il acquiert au philosophe Jean-Jacques Rousseau. Il se tourne alors vers l’écriture. Rédigeant d’abord ses mémoires, il se tourne ensuite vers des œuvres inspirées des nombreuses personnalités de son époque qu’il avait rencontré.
A son décès, le 24 septembre 1813 seront ordonnées des obsèques nationales. Enterré au cimetière du Père Lachaise, son coeur est rapatrié à Liège et déposé dans une urne toujours visible dans une niche du socle de sa statue de bronze, en face de l’Opéra Royale de Wallonie.

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Les hommages à Grétry sont nombreux. En France, Paris, Montmorency, Nantes et Perpignan possède une rue ou place Grétry et son portrait est toujours visible au Château de Versailles. En Belgique, Bruxelles possède aussi une rue Grétry et les plus de 30 ans se souviendront du billet de 1000 francs à son effigie.
A Liège, outre le musée et la statue déjà cités, l’Académie de musique du boulevard de la Constitution et l’artère principale du Longdoz portent son nom.

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Désormais, André Grétry bénéficiera aussi d’une marionnette. Sculptée par Renaud Dawans, son costume est de Wanda Skrobanska et le décor de Christian Valentin. La séance de ce lundi est exceptionnelle mais sachez que les prochaines représentations auront lieu le vendredi 11 et samedi 12 octobre.
La pièce d’Arnaud Bruyère racontera, avec humour et émotion, la vie du musicien-compositeur. Le père Grétry demandera à Tchantchès d’être le parrain du petit André qui partira à la conquête de l’Europe.

Au côté de Tchantchès comme marionnette mais aussi désormais comme géant… mais ceci sera l’objet d’un autre article!

 

Informations:
Lundi 12 août à 20 heures (prochaine représentation vendredi 11 octobre à 20h et samedi 12 octobre à 15h)
Entrée: 3 euros
Musée Tchantchès
Rue Surlet 56 – 4020 Liège
Tél: 04/342.75.75

 

Pour en savoir plus:
Site de l’ULG: « Grétry, un compositeur à l’accent liégeois »
La page du Musicologie.org sur le compositeur (avec encore plus de fautes que ce blog!)
Page Youtube avec extrait du documentaire « André Modeste Grétry, un musicien dans la tourmente » (et des liens vers ses oeuvres)
Site du Musée Tchantchès
Page de la Ville de Liège sur le Musée Grétry

Découvrez également le blog de Laetitia L et ses photos

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3 réflexions sur “Grétry, fils d’Outremeuse et filleul de Tchantchès!

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